Paramètres des randonnées
Chaque fiche de randonnée regroupe dans l’encadré des paramètres, dans la colonne de droite, les informations essentielles pour bien préparer votre sortie : distance, durée moyenne, difficulté, dénivelé positif, etc. Pour vous aider à mieux interpréter ces paramètres, voici des explications détaillées.
Difficulté
Je classe mes randonnées selon cinq niveaux de difficulté, de très facile à très difficile. Cette évaluation prend en compte deux facteurs principaux :
- L’exigence physique : distance à parcourir, durée estimée et dénivelé total.
- La complexité technique : nature du terrain, passages exposés, équipements nécessaires, etc.
Mes cinq niveaux expliqués
| Difficulté | Description | Durée | Dénivelé positif |
|---|---|---|---|
| Très facile | Parcours accessible à tous, sans difficulté technique. Idéal pour les familles et débutants. | Moins de 2 h | Moins de 200 m |
| Facile | Randonnées avec peu ou pas de difficultés techniques. Convient aux marcheurs occasionnels. | Moins de 4 h | Moins de 450-500 m |
| Modérée | Quelques difficultés techniques possibles. Pour randonneurs réguliers. | Moins de 6-7 h | Moins de 900-1000 m |
| Difficile | Randonnée exigeante avec passages techniques possibles. Pour randonneurs expérimentés. | Moins de 8-9 h | Moins de 1500 m |
| Très difficile | Itinéraire engagé avec d'importantes difficultés techniques possibles. | Peut dépasser 9-10 h | Peut dépasser 1500 m |
Cotation des via ferrata
Pour les via ferrata, la difficulté de la voie équipée se note à part. Deux échelles se côtoient : l’échelle Schall, la plus répandue dans les Alpes et les Dolomites, de A à E, et l’échelle française, de F (facile) à ED (extrêmement difficile). Mes fiches donnent la lettre Schall, suivie du niveau français correspondant : « C Assez difficile ».
Les deux échelles en parallèle
| Schall ≈ française | Ce qui vous attend |
|---|---|
| A ≈ F – Facile | Sentier facile mais exposé, avec de nombreuses aides (câbles, marches) et parfois de courtes échelles. Une bonne première via ferrata. |
| B ≈ PD – Peu difficile | Terrain plus raide, prises de pied plus petites, mais toujours bien équipé. |
| C ≈ AD à D – Assez difficile à difficile | Rocher raide à très raide, équipement suffisant, longues échelles possibles. De la force dans les bras et l’habitude du vide sont nécessaires. |
| D ≈ D à TD – Difficile à très difficile | Rocher très raide à vertical : des bras et des mains solides sont indispensables. Pour pratiquants confirmés. |
| E ≈ ED – Extrêmement difficile | Vertical à surplombant, effort de bras soutenu. Réservé aux grimpeurs aguerris. |
Une cotation double (A/B, B/C, C/D) signale une voie entre deux niveaux. Une troisième échelle, Hüsler (de K1 à K6), est parfois employée.
La cotation ne dit pas tout
La cotation ne décrit que la technicité des passages équipés, c’est-à-dire leur pente, leur exposition et la force qu’ils demandent. Elle ne tient compte ni de la longueur de la voie, ni de la marche d’approche et du retour, ni de l’altitude, ni de l’engagement (possibilités de repli, exposition au mauvais temps).
Deux via ferrata de même cotation peuvent donc représenter des journées sans commune mesure. Mes fiches cotent ainsi en C la via ferrata de la Torre di Toblin, une heure et demie et 150 m de dénivelé, comme l’enchaînement Ivano Dibona et Marino Bianchi, onze heures et 1 810 m de dénivelé jusqu’à 3 150 m d’altitude.
C’est pourquoi chaque fiche de via ferrata donne aussi une difficulté randonnée, établie comme pour mes autres randonnées : elle mesure l’effort de la journée entière, approche et retour compris. La randonnée qui mène à la Torre di Toblin est très facile, celle qui enchaîne Ivano Dibona et Marino Bianchi très difficile.
Durée moyenne
La durée indiquée sur mes fiches correspond au temps total nécessaire pour effectuer l’intégralité du parcours, pauses courtes comprises. Pour un itinéraire en aller-retour, le temps estimé inclut l’aller et le retour.
Comment je calcule cette durée
Mon estimation repose sur le rythme d’un randonneur moyen et intègre trois facteurs essentiels :
- La distance totale à parcourir
- Le dénivelé positif cumulé tout au long du parcours
- La nature du terrain (technicité des sentiers, obstacles, pierriers, etc.)
Mes valeurs de référence
Pour un terrain sans difficulté technique particulière, j’utilise les paramètres suivants :
- 4 km/h sur terrain plat ou peu vallonné
- 350 m de dénivelé positif par heure
- 5 min de pause par heure
Ajustements selon la technicité du sentier (pierriers, passages rocheux, sentiers exposés, etc.)
Les pauses dans mon calcul
Ce que ma durée inclut
- Des pauses courtes de 5 minutes toutes les heures (hydratation, photos, en-cas, ajustements d’équipement)
- Les temps d’orientation aux intersections et points de décision
Ce que ma durée n’inclut pas
- Les pauses repas (déjeuner, pique-nique)
- Les arrêts prolongés pour contempler un panorama
- Les détours vers des points d’intérêt optionnels
Adapter l’estimation à votre profil
− 20 à 30 %
Randonneurs expérimentés
Avec une excellente condition physique et un rythme soutenu, vous pourriez réduire le temps indiqué de 20 à 30 %.
+ 15 à 25 %
Randonneurs débutants ou familles
Prévoyez un temps supplémentaire de 15 à 25 % par rapport à l’estimation.
+ 10 à 20 %
Groupes
La progression en groupe ralentit généralement l’allure. Ajoutez 10 à 20 % au temps indiqué.
Distance
La distance indiquée sur mes fiches correspond au parcours total mesuré en kilomètres. Si ce paramètre semble simple à première vue, il mérite quelques précisions car il s’agit d’une estimation susceptible de varier selon plusieurs facteurs techniques.
Pourquoi les mesures de distance peuvent varier
La mesure précise d’un itinéraire de randonnée représente un véritable défi technique pour plusieurs raisons :
- Précision GPS variable : les appareils GPS de randonnée possèdent une marge d’erreur inhérente (généralement entre 3 et 10 mètres) qui s’accumule progressivement sur l’ensemble du parcours.
- Effet de « cutoff » : les tracés GPS tendent à simplifier les virages et lacets serrés, ce qui entraîne souvent une sous-estimation des distances réelles, particulièrement notable en terrain montagneux où les sentiers serpentent.
- Intervalle d’échantillonnage : votre GPS enregistre des points à intervalles réguliers. Plus ces intervalles sont espacés, plus le tracé risque de « couper » à travers les méandres du sentier, ignorant de petites variations qui s’additionnent.
- Écarts d’itinéraire : de légères déviations par rapport au tracé officiel (contournement d’obstacles temporaires, exploration d’un point de vue adjacent) modifient inévitablement la distance totale parcourue.
En terrain montagneux et accidenté, les écarts entre distances mesurées et distances réellement parcourues peuvent atteindre 10 à 20 %, principalement à cause de la densité des lacets et des variations constantes d’altitude.
Vertigineux
Ce paramètre évalue le degré d’exposition au vide et les sensations de vertige potentiellement ressenties durant la randonnée.
Mon échelle d’exposition
| Niveau | Ce que vous rencontrerez |
|---|---|
| Non | Absence totale de passages exposés. Aucune sensation de vide, même pour les personnes très sensibles au vertige. Sentiers larges et/ou éloignés des zones de dénivelé abrupt. |
| Légèrement | Quelques passages avec légère exposition, généralement brefs et/ou bien sécurisés. Les personnes modérément sensibles au vertige pourront progresser sans appréhension excessive. |
| Modérément | Présence de sections exposées plus significatives ou plus longues. Sentiers en balcon ou traversées de zones où la sensation de vide est présente. Peut être inconfortable pour les personnes sensibles au vertige, mais reste franchissable avec concentration. |
| Fortement | Passages aériens prononcés nécessitant une bonne gestion de l’appréhension du vide. Sentiers étroits en corniche, arêtes, ou traversées exposées. Déconseillé aux personnes souffrant de vertige marqué. |
| Très fortement | Itinéraire comportant des sections très aériennes où la sensation de vide est omniprésente. Passages techniques en falaise, arêtes effilées ou vires étroites. Réservé aux randonneurs expérimentés sans aucune appréhension du vide. |
Mon avis
Les étoiles sous le titre de chaque fiche sont ma note de la randonnée, de 3 à 5, par demi-étoile.
Ce que la note mesure
Ma note n’est pas la somme d’un barème : c’est un mélange de plusieurs critères.
- La beauté des paysages traversés et de celui qui attend à l’arrivée.
- La variété : lacs, crêtes, forêts, points de vue qui se renouvellent au fil du parcours.
- Le rapport entre l’effort et la récompense : une montée raide se pardonne quand la vue au sommet la vaut.
- Ce que l’on ressent sur place : le sentiment d’être seul face à la montagne, le silence, l’impression d’être loin de tout.
La foule peut retirer une demi-étoile : un panorama partagé avec des dizaines de personnes ne se vit pas de la même façon.
Pourquoi aucune note sous 3
Je ne publie que les randonnées qui valent le déplacement. Même si je fais un tri avant de partir, environ 10 à 15 % de celles que j’essaie ne valent pas le coup à mes yeux : elles n’ont pas de fiche. Une randonnée à 3 étoiles est donc déjà une belle sortie ; une randonnée à 5 étoiles réunit tous les critères, ou presque.
Une note aussi objective que possible
J’essaie de ne pas me laisser influencer par mes goûts personnels, par ma forme du jour ni par des conditions exceptionnelles, comme un coucher de soleil magnifique, qui embelliraient le souvenir. Je tiens compte aussi de l’avis des autres randonneurs : ceux qui m’accompagnent, et ceux que je croise sur le sentier.





